Prolapsus Vésical

Définition :

Descente d’organes ou prolapsus : les organes pelviens de la femme peuvent ne plus être soutenus correctement et tendent à « descendre » vers la vulve et s’extérioriser. Ils peuvent apparaître en refoulant le vagin.

Il peut s’agir soit d’une descente isolée d’un des 3 organes pelviens (vessie, utérus, rectum), soit de l’association de 2 ou des 3 organes pelviens. On parle de cystocèle pour une descente de vessie, de rectocèle pour une descente du rectum et d’hystéroptose pour une descente de l’utérus. En fonction de l’importance du prolapsus, on différencie 3 niveaux de gravité : niveau 1, prolapsus modéré à niveau 3, extériorisation des organes.

Motif de consultation

La patiente sent une « boule » surtout le soir et en position debout au niveau de la vulve, elle peut avoir du mal à uriner, à déféquer, peut avoir une gène lors des rapports sexuels et une sensation de poids dans le bas ventre, une gène à la marche et des envies fréquentes d’uriner. Des fuites d’urines peuvent être présentes.

Traitement médical

Dans un premier temps, la rééducation périnéale associée à un traitement hormonal  local permet d’améliorer les symptômes gênants. Des conseils de limitation de certaines activités physiques sont nécessaires.

La chirurgie

La seule solution pour corriger la descente d’organes est chirurgicale. Elle consiste à « remonter » les organes dans leur position normale puis les maintenir en bonne position par des bandelettes synthétiques. Ces bandes de tissus synthétiques sont tendues entre les organes descendants (vessie, utérus, rectum) et un ligament postérieur du bassin en avant du promontoire sacré. On compare ces bandes à des « bretelles ».

Cette intervention s’effectue par cœlioscopie sous anesthésie générale. Les instruments sont introduits par l’intermédiaire de trocards, passés à l’aide de plusieurs petites incisions cutanées, de façon à éviter une grande cicatrice douloureuse. L’abdomen est gonflé avec du gaz et le chirurgien opère en regardant un écran. C’est le traitement le plus solide qui donne 90% de bons résultats à long terme. L’intervention dure en moyenne 2 heures.

Préparation :

Consultation d’anesthésie, examen des urines, régime sans résidus 8 jours.

Les suites :

Hospitalisation de 3 à 4 jours, une sonde vésicale est laissée 48 heures, la réalimentation débute au premier jour dès la reprise des gaz, un drain est rarement laissé en place 48 heures. Un traitement d’anticoagulants est souvent associé. Les douleurs sont faibles. Le transit reprend au bout de 3 à 4 jours, le plus souvent mais une constipation est possible. Les complications de cette intervention sont rares (plaie de la vessie, du rectum, du vagin, occlusion). Il arrive que les bandelettes érodent le vagin. Elles causent exceptionnellement une gène lors de rapports sexuels.

La convalescence :

Il est très important de ne pas forcer dans les suites pendant au moins 2 mois. Un arrêt de travail de 3 semaines est nécessaire. Pas de sport, pas de port de charges lourdes, éviter toux, abdominaux et constipation pendant 3 mois.